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  • Writer's pictureDominique Bergiers

Couverture médiatique raciste de la crise Ukrainienne: une master-class en gaslighting

Ce week-end, j’ai partagé quelques vidéos illustrant le racisme choquant que nous observons en ce moment dans la façon dont les médias occidentaux couvrent l’actuel conflit en Ukraine. Certains diront sans doute qu’il s’agit d’événements isolés, mais malheureusement ces "incidents", qui ont eu lieu à travers le monde, sont à présent trop nombreux pour pouvoir être balayés du revers de la main ou considérés comme anecdotiques.


Ce à quoi nous assistons ici, c’est une hiérarchisation claire des êtres humains — sur base de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion, ou de leur culture — illustrant de manière parfois très explicite le fait que les vies des personnes racisées ont tout simplement moins de valeur.


C’est un point de vue qui s’est notamment illustré également au travers de la couverture médiatique très timorée des difficultés spécifiquement rencontrées par les personnes de couleur alors qu’elles essaient de fuir les zones de combat en Ukraine, et ce malgré des récits alarmants relatant comment les Africains (y compris des femmes et des enfants) sont apparemment victimes de ségrégation raciale et sont laissés pour compte dans le froid après avoir été refoulés des trains et bus permettant de traverser la frontière avec la Pologne. En réalité, les personnes qui ont dénoncé ces faits sur les réseaux sociaux ont été critiquées, vilipendées, culpabilisées et gaslightées, en se voyant dire que leurs commentaires étaient déplacés et que le timing était inapproprié au vu de la tragédie actuelle.


(Pour ceux qui comprennent l’anglais, je vous conseille cette excellente vidéo de Shereen Daniels, experte RH et militante anti-raciste britannique)


Qu’est-ce que le gaslighting racial?

Le gaslighting racial est une forme de manipulation psychologique qui consiste en un questionnement permanent ayant pour but de faire douter les personnes de leur propre vécu du racisme. Au travers de cette technique, on dit aux personnes racisées qu’elles "imaginent" ce qu’elles savent pourtant être vrai, et on cherche à les faire douter et même à les culpabiliser pour la manière dont elles réagissent face à des attitudes ou paroles racistes. Il s’agit là d’une façon de détourner l’attention du vrai problème, à savoir le racisme lui-même.


Frustrant, décourageant, épuisant, humiliant; c’est le but. C’est ce qui fait aussi que de nombreuses personnes choisissent tout simplement de se taire.

Pourquoi parler de résilience dans ce contexte?

Des mois après la vague mondiale de soutien pour les mouvements #BlackLivesMatter & #StopAsianHate, et après toutes les promesses faites partout en Europe et aux États-Unis pour plus de justice raciale, c’est très troublant de voir, en 2022, un tel racisme étalé et normalisé dans les médias mainstream. Si peu de progrès réalisé? Tout ça pour ça?!


Nous sommes déçus, fatigués, émotionnellement vidés.


En nous rappelant de manière aussi cinglante l’ancrage profond du racisme et de la suprématie blanche, la résilience des personnes racisées est une nouvelle fois mise à l’épreuve.


Depuis toujours vous m’affirmez que cela prendra du temps. Cela a pris le temps de mon père, le temps de ma mère, le temps de mon oncle, le temps de mes frères et de mes sœurs, le temps de mes nièces et de mes neveux. Combien de temps voulez-vous pour votre "progrès"? ~ James Baldwin

Au-delà des comportements individuels, c’est le climat de complaisance qui pose question. Nous sommes face à des préjugés systémiques et des schémas culturels profonds et tenaces qu’il faut sans relâche bousculer et déconstruire, à travers la décolonisation des médias, de l’enseignement, de la justice, de la santé, du travail et de l’espace public en général.


“La suprématie blanche ce n’est pas le monstre mais l'environnement dans lequel il réside.” ~ Kabote (adapté d'un texte original de Guante)


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